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Sexualité

Troubles de l’érection : prendre le temps d’avouer son impuissance

Les troubles de l’érection, qui même s’ils peuvent facilement prêter à rire, n’en restent pas moins un sujet important, sensible et parfois tabou au sein des couples homosexuels et hétérosexuels. Les troubles de l’érection peuvent prendre diverses sources dont il faut s’inquiéter. 

 

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L’érection du pénis de l’homme est un phénomène réflexe qui répond en général, à une stimulation. C’est un phénomène physiologique dans lesquelles les corps caverneux se gorgent de sang rendant le pénis (ou le clitoris) gonflé et dilaté.

Cela doit ainsi permettre à l’homme de conserver cet état turgescent afin de permettre la pénétration lors de l’acte sexuel. Avec la multiplication des vidéos pornographiques sur Internet et les impressionnantes performances des acteurs avec leurs membres imposants et virils, il peut arriver que l’homme lambda ne se sente pas à la hauteur au moment de bander. Ainsi, le moment de la panne peut arriver et interrompre le coït.

Dans l’imaginaire de beaucoup de personnes (et pas seulement des mâles), l’homme se doit d’assurer au lit et de garder le barreau jusqu’à satisfaire son ou sa partenaire pour parvenir à l’éjaculation. Pourtant, l’orgasme ne doit pas être une fin en soi et conserver ces préjugés ne fait que creuser le fossé du dysfonctionnement érectile et multiplier les incompréhensions, les questionnements et les remises en question au sein d’un couple. Décryptage.

 

Les Français sont de plus en plus nombreux à souffrir de troubles de lérection

Les derniers chiffres de l’Ifop, parus en mai 2019, confirment d’ailleurs la tendance de ce problème érectile. Cette enquête auprès de 1957 hommes âgés de 18 ans et plus fournit quelques données très intéressantes :

  • Même si les problèmes d’érection ne sont pas nouveaux, de plus en plus d’hommes en ont déjà rencontré au moins une fois au cours de leur vie. 61% en 2019 contre 44% en 2015 tandis que 38% en ont eu au cours des douze derniers mois.
  • Le rapport à l’écran y est également largement étudié. En effet, chez les moins de 35 ans, la proportion des troubles érectiles augmente proportionnellement avec la consommation de pornographie (55% contre 35%).
  • On note aussi que l’exposition à ces troubles de l’érection est renforcée par les complexes liés à l’excitation et de l’image que les hommes se font de leur phallus. La taille du pénis, mais également sa forme et la capacité qu’ils ont à garder leur érection pendant tout le rapport exacerbent ces sentiments de crainte.

On peut néanmoins retenir un peu de positif dans cette étude :  les hommes admettent plus facilement qu’ils ont des troubles de l’érection et ce, même chez les plus jeunes.

Néanmoins, le sujet devient rapidement compliqué dès que l’on aborde la libido, la verge et les performances sexuelles. Les hommes possèdent toujours cette vision d’un autre siècle où l’acte sexuel doit nécessairement comporter une pénétration. Et si l’on pouvait penser que cette tendance tendait à s’inverser avec l’évolution des mœurs, il n’en est rien : jusqu’à 64% des hommes interrogés de moins de 30 ans pensent cela (contre 56% pour les hommes en général).

 

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Ces problèmes « virils » concernent en général l’entièreté du couple et ne doivent surtout pas être passés sous silence, sous peine d’aggraver les choses et augmenter la tension engrangée.

 

Communiquer et se faire aider, des solutions pour vaincre les troubles érectiles

Bon nombre d’hommes interrogés et victimes de ce problème d’érection ont bien du mal à oser en parler. Il n’est par exemple pas aisé d’imaginer aborder le sujet dans un groupe d’amis de peur de subir des moqueries voire de la compassion (rendez-vous compte !).

Il ne faut pourtant pas hésiter à se tourner vers son ou sa partenaire pour faire part des craintes et dédramatiser ce petit problème de dressage.

Ce n’est pourtant pas la tendance actuelle puisque 33% des hommes reconnaissent avoir déjà donné des fausses excuses pour justifier la panne pendant la relation sexuelle. Et en général, on invoque bien vite la fatigue physique ou la migraine pour excuser son manche en berne.

Il n’est pas bon de vouloir absolument préserver sa supposée virilité plutôt que de parler de vrais problèmes qui peuvent avoir une incidence sur le couple.

 

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Si la confiance règne avec sa moitié, il est préférable de parler de ce problème d’érection plutôt que chacun se pose des questions dans son coin. La situation peut être encore plus compliquée pour le conjoint ou la conjointe qui pourra penser que l’autre va voir ailleurs ou même qu’il ou elle n’est plus capable d’exciter l’amour de sa vie au point de le voir débander !

 

Mettez votre ego de côté

Un égo mal placé ne vaut pas la stabilité du couple et des solutions existent pour contrer ces tracas de l’acte sexuel. En effet, il ne doit pas nécessairement y avoir une pénétration vaginale ou anale quand on fait l’amour et il est tout à fait possible (et parfois même tout aussi agréable pour les deux protagonistes) de concentrer les efforts et les caresses sur les autres zones érogènes du corps.

Retrouver une excitation sexuelle sans avoir la tension et l’obligation de conserver l’érection est une bonne façon d’effacer peu à peu la tension et de reprendre du plaisir sans avoir à être « performant » quoiqu’il arrive.

Si les problèmes persistent malgré la bonne communication dans le couple et d’autres tentatives infructueuses, il est peut-être temps de consulter un spécialiste, pour vous aider et retrouver une sexualité épanouie. Là encore, seulement 26% des hommes qui présentent une dysfonction érectile ont déjà consulté un professionnel de santé.

Aborder ce problème avec un médecin généraliste ou même un spécialiste est sans doute le nœud du problème. L’auto-médication n’est évidemment pas une bonne idée puisque l’érection est le résultat d’une interaction complexe de facteurs encrines, psychologiques et vasculaires. Pourtant, certains hommes n’hésitent pas à consommer des fortes quantités d’alcool voire des drogues dures pour augmenter les performances au lit plutôt que des aphrodisiaques naturels ou du viagra.

 

Pour conclure

L’acte sexuel est une chose importante au sein d’un couple mais il est primordial de ne pas jouer avec sa santé plutôt que de vouloir préserver sa virilité et son afflux sanguin par tous les moyens possibles et imaginables. C’est aussi un vrai problème profond de société qui implique que le mâle, s’il se veut alpha et respecté de ses confrères et du regard extérieur se doit de bander tous les soirs et surtout, surtout, ne jamais avoir de troubles de l’érection.

 

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