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Couple

Consentement dans le couple : pourquoi est-ce tabou ?

Les rapports sexuels non consentis se font de plus en plus nombreux au sein des couples. En 2020, l’association « Nous Toutes » a recueilli les témoignages de plusieurs femmes concernant la question du consentement dans le couple. 

 

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Environ 70% des femmes interrogées affirment avoir eu des relations sexuelles sans en avoir envie. Pourquoi n’ont-elles pas refusé alors que « Je n’en ai pas envie … » n’est pourtant pas une phrase compliquée ? Voici les raisons qui justifient que le consentement soit tabou dans le couple. 

 

Le caractère tabou du consentement : une mauvaise interprétation du devoir conjugal

Les couples au sein desquels le consentement est notamment tabou sont ceux qui sont liés par le mariage. Cette situation est essentiellement due à une mauvaise compréhension du devoir conjugal. En effet, conformément aux dispositions du Code civil, le mariage oblige les époux à une communauté de vie. Cette obligation implique pour les deux conjoints le devoir conjugal. Toutefois, ce n’est pas un motif suffisant pour obliger l’autre à faire l’amour contre son gré. Sinon, on peut parler du viol conjugal. La Cour de cassation l’a d’ailleurs mentionné dans un arrêt rendu en 1990. De plus, le fait que le viol soit commis dans le cadre conjugal est considéré comme étant un facteur aggravant.

En réalité, l’opinion commune s’accorde sur le fait que le consentement n’est pas nécessaire au sein d’un couple établi. De fait, certains conjoints ne se préoccupent plus de savoir si leur partenaire a envie de l’acte sexuel ou non. Pour eux, le désir est réciproque une fois que la femme et eux partagent le même lit depuis quelques années.

 

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Le désir de préserver son couple

Si certaines femmes préfèrent se taire bien qu’elles n’aient pas envie de faire l’amour, c’est pour préserver leur couple. En effet, nombreuses se sentent coupables de ne pas avoir envie. Elles ont peur que leur conjoint soit déçu ou se sente frustré si elles refusent de céder. Ainsi, par amour ou par attachement, on veut à tout prix plaire à l’autre. On s’efforce de croire que cela permettra au foyer de rester soudé comme dans le film à succès « jusqu’à ce que la mort nous sépare » de Chris Stokes.

Même si les femmes ne manifestent pas expressément leur manque d’envie, elles envoient quand même les signaux du non-consentement. Elles se montrent souvent peu enthousiastes ou tournent le dos à leur conjoint. Néanmoins, le partenaire obsédé par l’envie de satisfaire sa libido ne s’en aperçoit pas. Bien au contraire, il se convainc que ce manque de réaction est un consentement tacite. Ainsi, il commet un viol conjugal sans pour autant entrer dans sa zone rouge.  C’est dans ce genre de situation que le sociologue Jean-Claude Kaufmann parle de la zone grise du viol.

 

La honte et la peur vis-à-vis des préjugés 

Si la question de consentement est au sein des relations un sujet tabou, c’est aussi à cause de la peur et la honte. Celles-ci sont aussi présentes chez l’homme que chez la femme.

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La peur de la femme

La peur des préjugés est l’une des raisons qui font du consentement un sujet tabou au sein du couple. En effet, les femmes étant déjà en proie au sexisme, elles craignent sans cesse de légitimer la position de sexe faible qui leur est étiquetée.

Consentir, c’est accepter, donner son accord. Le consentement dans une relation de couple ne peut être tacite. Il doit être express et manifester la volonté de l’autre de vouloir que son ou sa partenaire lui fasse l’amour ou entreprenne à son égard toute action entrant dans le cadre de l’intimité. Néanmoins, cette démarche est perçue dans la plupart des couples comme étant une caricature, une attitude ridicule. Pourtant, le mépris du consentement, notamment par les hommes, est à l’origine de bien des malentendus. Ceux-ci pèsent en permanence sur l’ambiance conjugale et ne s’achèvent souvent pas sur des fins heureuses.

 

La peur de l’homme

Même si cela semble irréalisable, les hommes aussi sont parfois amenés à pénétrer leurs partenaires contre leur gré. Ceux qui s’y opposent sont souvent victimes de violences conjugales et de viol. Cette réalité est aussi présente au sein des couples hétérosexuels que chez les homosexuels.

Toutefois, craignant que leur virilité soit remise en cause, la plupart des hommes préfèrent ne pas parler de leur calvaire. Le stéréotype du sexe viril et la masculinité toxique sont autant de facteurs qui font que les violences sexuelles vis-à-vis des hommes demeurent un sujet tabou. Il s’agit portant de situations réelles, bien qu’elles soient moins fréquentes que dans le cas du sexe opposé.

 

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